Croc’Monsieur

Léon Ndikunkiko est le Secrétaire Général d’ADISCO, partenaire de Solidarité Socialiste au Burundi. Il était à Bruxelles début décembre pour un Séminaire sur le futur des Accords de Partenariat Economique entre l’Union Européenne et les pays d’Afrique-Caraïbes-Pacifique. Il nous parle des actions d’ADISCO et de la vision novatrice de l’organisation en matière de développement.

Le Croco : Pouvez-vous expliquer ce que fait ADISCO au Burundi, en partenariat avec Solidarité Socialiste ?

ADISCO repose sur deux grands piliers : les coopératives agricoles, les mutuelles de santé communautaires et l’entrepreneuriat des jeunes artisans. ADISCO centre ses activités sur le travail de structuration des organisations paysannes en coopératives agricoles ainsi que des mutuelles en plateformes nationales. Les artisans, les jeunes sont appuyés pour se mettre en coopératives. Le partenariat avec Solidarité Socialiste porte essentiellement sur les mutuelles de santé. ADISCO a mis sur pied 28 mutuelles de santé avec ses partenaires. Elle a aussi entamé l’appui aux coopératives agricoles.

Le Croco : Avez-vous observé dans quelle mesure l’appui aux mutuelles de santé permet d’améliorer l’accès aux services sanitaires ?

Depuis que nous avons mis en place cet appui, les 28 mutuelles qui ont émergé signent des conventions avec des centres de santé de l’état, pour pouvoir permettre à leurs bénéficiaires d’accéder aux soins de santé. Nous réalisons qu’aujourd’hui, les familles ne souffrent plus de maladies comme les vers intestinaux, la malaria, qui étaient très présentes avant l’apparition des mutuelles de santé. Cette coopération aide vraiment les paysans à avoir accès aux services sanitaires : nous avons mis en place un centre de santé par la fédération des mutuelles de santé, un centre de santé privé, nous venons d’inaugurer une deuxième pharmacie qui va permettre aux populations d’accéder aux médicaments. C’est évident qu’il y a un plus !

Le Croco : Quelle valeur ajoutée apporte l’appui aux exploitations agricoles et aux filières ?

ADISCO travaille à deux niveaux : la protection sociale et le développement économique. Les coopératives représentent un plus économique : quand les coopérateurs arrivent à gagner de l’argent, à produire, à transformer les produits agricoles et à les commercialiser, cela amène un revenu, qui permet de satisfaire les besoins primaires : santé, scolarisation, alimentation et autres besoins réguliers du ménage. Ils peuvent aussi cotiser pour les mutuelles, ce qui renforce leur protection sociale.

Le Croco : Qu’est-ce que le programme Haguruka et l’autopromotion ?

Haguruka est un mot kirundi qui signifie « lève-toi et marche », nous travaillons avec les groupements à la base, en se basant sur la philosophie « aide-toi et le Ciel t’aidera »… Toute personne, tout paysan peut utiliser ses propres forces et sa réflexion pour pouvoir se développer. Ce sont généralement des petits groupes de 5 à 10 personnes qui viennent de la même localité, communauté, qui se connaissent et s’organisent pour réaliser des petits projets. Ceux-ci peuvent s’agrandir et devenir des grands projets qui vont demander parfois un petit coup de pouce, d’ADISCO ou autre. L’autopromotion veut donc dire que les paysans s’organisent et réalisent des activités en groupe qui peuvent leur permettre de se développer.

Le Croco : Vous avez obtenu le Prix de la Fondation Roi Baudouin pour le développement, quel aspect de vos activités a été récompensé ?

ADISCO fait un travail de fourmi, de proximité avec les paysans, il organise les populations paysannes en coopératives, en mutuelles de santé etc. C’est cette approche HAGURUKA d’autopromotion qui est idéale, propre à ADISCO, qui a fait que nous avons obtenu ce prix. Des consultants ont comparé cette approche avec d’autres du même style et ont été convaincu par l’autopromotion, qui veut que le développement se fasse de l’intérieur, les populations comptent sur elles-mêmes et sont le véritable moteur de leur projet. Cela assure la durabilité des actions car même si ADISCO intervient pour aider à l’un ou l’autre niveau, la dynamique est là avant et continue par après et les actions ne vont pas s’arrêter à la fin de l’appui.

Félicitations !

Pour en savoir plus sur ADISCO, surfez sur leur site internet.