Le Croco n°50 (novembre 2008) :

"Cela fait maintenant presque un mois et demi que nous faisons la grève et que nous tenons bon dans cette situation très difficile. Les collègues se désespèrent par manque de revenus, et leurs familles leur mettent la pression. C’est cela dont les patrons essaient de profiter. Ils ont essayé de briser la grève en nous divisant, en faisant du “lavage de cerveau” et en offrant de l’argent à certains d’entre nous pour qu’ils retournent au travail. Ils le font pour saboter la grève, pour nous casser le moral, pour nous opposer les uns aux autres." Luis Mario Tálaga.


Le 13 décembre, concert Tcheka, organisé en soutien aux projets de Solidarité Socialiste et de ses partenaires. Plus d’infos !

Crocartoon


La situation humanitaire est catastrophique, sur fonds de pillages et de viols, et l’on dénombre près de 250.000 personnes ayant dû fuir leur domicile depuis début septembre 2008. Les conflits rendent difficile la mise en œuvre des projets de développement en République démocratique du Congo. L’aide d’urgence est elle-même difficile dans certaines zones durement touchées et actuellement inaccessibles. Dans ce contexte, l’urgence à court terme consiste à garantir la distribution de l’aide humanitaire et la sécurité des populations civiles. Mais la solution à long terme du conflit est d’ordre politique. Le cadre de cette solution est connu : les accords de Nairobi et de Goma censés aboutir au désarmement et au rapatriement des groupes armés étrangers et au démantèlement des mouvements rebelles. Mais la volonté politique, aussi bien des pays de la région que de la communauté internationale, fait défaut.

Croc’Monsieur


Luis Mario Tálaga est coupeur de canne à sucre en Colombie. Il est associé à la “Cooperativa de Corteros Unidos del Cauca”. Marié et père de trois enfants, Luis Mario Tálaga témoigne de sa vie en tant que coupeur de canne et de la grève qu’il a menée avec les autres travailleurs pour améliorer les conditions de travail dans ce secteur.

Lisez son interview !

Voir aussi l’article
"La Colombie a la palme du travail indécent"
paru dans Alter Egaux n°36
(novembre-décembre 2008).

Lula agrobusinessman ? Le MST dit non !

Le Mouvement des Sans Terre (MST) joue un rôle central dans le dyna-misme des mouvements sociaux et de la lutte des classes au Brésil. Lors de son dernier congrès, il n’a pas hésité à condamner la politique favorable à l’agrobusiness menée par le président Lula. Le MST passe d’un soutien partiel à une condamnation de cette politique qu’il juge libérale. Membre de la direction nationale du MST, Gilmar Mauro revient sur ce cinquième congrès.

La palme africaine tue à petit feu.

En Colombie, comme ailleurs dans le monde, les paysans sont dépouillés de leurs terres pour les plantations de palme africaine destinées surtout aux agrocarburants. Voir la vidéo et lire l’article-témoignage de François Houtart.

Violence à l’égard des femmes : une pandémie.

Le problème de la violence à l’encontre des femmes atteint les proportions d’une pandémie. Au moins une femme sur trois dans le monde a déjà été battue, contrainte à avoir des rapports sexuels ou été victime d’autres mauvais traitements. En 1999, les Nations Unies ont fixé au 25 novembre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. La campagne ruban blanc - symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes - a lieu du 25 novembre au 6 décembre. Voir le site des FPS.

Guerre sur le ventre des femmes.

Déplacements massifs, assassinats arbitraires, pillages, tortures et enlèvements et un nombre encore indéterminé de viols. La Campagne des femmes congolaises contre les violences sexuelles en RDC lance un cri d’alarme vers la communauté internationale pour dénoncer les atrocités commises actuellement au Kivu par les groupes rebelles ainsi que par des éléments de l’armée congolaise. Signez leur pétition !

On Doha financer le développement !

Les sources traditionnelles de financement du développement sont l’investissement étranger direct (IED), l’aide publique au développement (APD) et l’allégement de dette. Il existe aussi toute une série de mécanismes novateurs apparus ces dernières années. La Conférence internationale de Doha sur le suivi du financement du développement se tiendra du 29 novembre au 2 décembre. On y dressera le bilan du Consensus de Monterrey, adopté en 2002. Elle devrait se conclure par l’adoption d’un document final, que les gouvernements négocient actuellement à l’ONU. Lire aussi le point de vue des ONG sur le site de Concord.

Les syndicats évaluent le G20 sur les marchés financiers.

La déclaration finale du G20 appelle à des « mesures urgentes et exceptionnelles » pour soutenir l’économie mondiale, mais le texte est presque dépourvu de détails. Les syndicats s’attendaient à une description bien plus précise et convaincante des mesures à prendre pour faire face à la crise de l’emploi. Lire l’évaluation du sommet du G20 par la CSI et le TUAC. Et la FGTB organise le 3 décembre une conférence sur le thème "Peut-on réguler le capitalisme ?"

Mickey et le travail décent.

Fin 2007 déjà, la SACOM (Association des étudiants et universitaires contre la mauvaise conduite des entreprises) publiait des rapports d’enquêtes menées chez des fournisseurs chinois de Disney. Si les interpellations de Disney ont permis des améliorations dans certaines usines, dans d’autres, la situation reste inchangée. C’est notamment le cas pour les travailleurs des usines Tianyu Toys et Yonglida Toys. Lire !

Kivu : une catastrophe humanitaire.

Chaque jour qui passe rend la situation de plus en plus explosive au Kivu. Près de quinze ans après le génocide au Rwanda, la persistance d’anciens génocidaires sur le sol congolais représente une des causes à la base de la situation dramatique que connaît la région. Dans ce contexte, l’urgence à court terme consiste à garantir la distribution de l’aide humanitaire et la sécurité des populations civiles. Mais la solution à long terme du conflit est d’ordre politique. Lire le communiqué de presse des ONG belges actives en RDC.

Main basse sur les terres agricoles.

La synergie actuelle entre la crise alimentaire et la crise financière a déclenché un nouvel « accaparement des terres » au niveau mondial. De ce fait, des terres agricoles fertiles sont de plus en plus privatisées et concentrées. Si elle devait rester incontrôlée, cette main basse sur les terres à l’échelle planétaire pourrait sonner le glas des petites exploitations agricoles et des moyens de subsistance ruraux dans bien des régions du monde. En savoir plus.

La déforestation, un désastre !

Problématique complexe aux causes et aux effets multiples, la déforestation est d’abord une tendance mondiale alarmante. Environ 130 000 km² sont déboisés chaque année, plus de quatre fois la superficie de la Belgique. Les modèles de développement et de consommation dominants hypothèquent la survie des populations agroforestières, érodent la biodiversité et dopent les émissions de CO2 liées au déboisement. Voir sur le site du CETRI.

Gestion des migrations, attention danger !

Le 25 novembre se réunissaient à Paris 80 délégations d’Europe et d’Afrique pour définir un Programme de coopération pluriannuel en matière de migration et de développement. Des accords y étaient discutés. Ils sont dangereux : ainsi, toute aide au développement est désormais subordonnée à leur négociation. Ces accords menacent les droits fondamentaux des personnes, ils violent l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, ainsi que le principe de non refoulement posé par la Convention de Genève sur les réfugiés. Lire "Conférence euro-africaine pour une gestion concertée des migrations".

Conférence sur les réfugiés palestiniens.

Le 29 novembre se tient une conférence sur la question des réfugiés palestiniens organisée par l’Association Belgo-Palestinienne avec le soutien de Solidarité Socialiste. Voir l’affiche. Lire aussi le rapport sur la situation des droits de l’Homme en Palestine.

Le rêve inachevé de Myriam Makeba.

La chanteuse sud-africaine est décédée ce 9 novembre à 76 ans. Vu d’ici, on garde surtout en mémoire son long combat contre l’apartheid qui sévissait dans son pays natal. Mais elle avait aussi un rêve panafricain qui est encore loin d’être concrétisé. Voir une interview de Myriam Makeba et l’article "Le rêve inachevé de Myriam Makeba".

Du côté des Parlements.

La sénatrice Olga Zrihen participera au 7e Séminaire international "Dette et Droits humains" qu’elle organise conjointement avec le CADTM les 4 et 5 décembre prochains. Il s’agira de mettre en évidence le fossé entre les engagements de la communauté internationale en faveur des droits humains fondamentaux et les réalités des conditions de vie de milliards d’humains sur la planète, privés de leurs droits les plus élémentaires.

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